Investir dans des forêts, valeur refuge?

La forêt est devenue une valeur refuge pour beaucoup d’investisseurs. Cet actif a vu ainsi son cours augmenter au plus fort de la crise financière de ces derniers temps. En France, posséder sa parcelle de forêt est même devenu pendant un temps une mode. Comment expliquer un tel engouement ? Qu’est-ce qui peut expliquer que la forêt bénéficie à nouveau des faveurs des Français ?

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Des transactions se chiffrant en milliards d’euros

Alors que les cours de la bourse n’arrêtent pas de jouer au yo-yo, celui de la forêt continue de maintenir sa stabilité. Les transactions financières sur cet actif évoluent à des niveaux record en raison de cela. Non seulement, on veut avoir son parcelle de forêt parce qu’on veut contribuer à la protection de l’environnement et s’afficher « vert », mais aussi parce que cela devient rentable. En France, les ventes de forêts représentent plusieurs milliards d’euros annuellement. L’investissement forestier peut être par ailleurs source de plus-values, mais, elles restent toutefois à un niveau bien modeste. S’il existe une tendance forte dans l’achat de forêt comme actif valeur refuge, cette opération ne s’improvise pas. Une forêt nécessite, en effet, un savoir-faire et des compétences pour sa gestion. Contrairement à l’or, par exemple, qui ne nécessite pas d’attentions particulières, exceptées pour sa sécurité. Sans une expertise, les capitaux investis risquent de partir vite en fumée. Rendements faibles, gestion complexe, peuvent remettre le statut de valeur refuge des forêts lorsque l’économie commence à mieux se porter. Ce constat peut toutefois être nuancé par l’intrusion de la problématique du changement climatique dans les questions environnementales. Qui a notamment amené à voir les forêts comme une source de revenu viable et régulière sur le long terme. Le marché des carbones, dans lequel les forêts tiennent une place de premier plan, est considéré par beaucoup d’analystes financiers comme l’un des plus importants investissements d’avenir. A cela s’ajoute le fait que les forêts ont un apport important en matière d’énergie renouvelable. En Europe, les investisseurs et les chercheurs britanniques sont à la pointe des démarches favorisant le processus de financiarisation de ressources forestières.

Rendement modeste

Le rendement d’une forêt tourne aux alentours de 2%. Bien gérée, celle-ci peut atteindre près de 4%, à condition toutefois que les essences soient parmi celles les plus recherchées. Quant aux plus-values, les investisseurs peuvent escompter obtenir jusqu’à 3%. Ces dernières années, il y a eu toutefois quelques épisodes, en France, qui ont vu chuter les cours des forêts. Le statut de valeur refuge de ces dernières en a légèrement souffert. Par ailleurs, la qualité forestière demeure un facteur important pour s’assurer de la viabilité des investissements. Il est également important de distinguer l’investissement de production de celle qui est faite uniquement dans un but d’agrément. Avant d’acheter, il faut se renseigner sur les vendeurs. Avec l’arrivée d’internet, les propositions se sont multipliées dont certaines affichent des niveaux de prix plus ou moins farfelus. Ces quelques conseils de bons sens sont nécessaires, car, les ventes sont de plus en plus risquées à l’heure actuelle. Surtout qu’en France, la plus grande partie des forêts est détenue par des particuliers, particuliers qui n’ont souvent pas fait expertiser leurs biens. La gestion d’une forêt requiert, on l’a dit, des compétences techniques éprouvées. C’est la raison pour laquelle il est préférable d’acheter des parts dans des groupements forestiers plutôt que d’opter pour un achat direct. Pour cela, il faut au minimum investir près 10 000 euros. Il s’agit souvent d’un placement sûr, la plupart des professionnels ont en charge des massifs forestiers diversifiés. Mais les plus-values en cas de revente continuent d’être modestes. Il n’existe pas encore de spéculation sur les forêts. Le statut de valeur refuge des forêts s’est renforcé avec l’arrivée du marché des carbones. Pour l’investisseur avisé, celui-ci peut constituer une source de profits considérables dans l’avenir. Le changement climatique a influencé de façon considérable la valorisation des forêts en tant qu’actifs financiers. Mais, comme on l’a vu durant les épisodes récents, l’investissement dans les forêts n’est pas sans risque. Personne ne peut réellement prédire qu’il n’y aura pas de baisse de prix. Les accidents de parcours risquent ainsi de renouveler dans un futur proche.